Moi c'est Élise. J'ai 33 ans, deux filles, et une entrée envahie par une poussette qu'on n'arrive jamais à plier du premier coup.
Il y a Lou, bientôt six ans. Une pipelette qui a des avis sur tout depuis qu'elle est à l'école. Et Anna, ma dernière, quelques mois à peine, encore ce petit poids chaud qui s'endort sur moi pendant que j'écris. Entre les deux, cinq ans d'écart. Assez pour que j'aie tout oublié et tout réappris. Sincèrement, je croyais savoir. Anna m'a remise à ma place en une nuit.
Je ne suis ni sage-femme ni pédiatre. Je préfère te le dire tout de suite, les yeux dans les yeux. Ce que je sais, je l'ai appris de travers, à tâtons, souvent en pleurant un peu. En comparant douze poussettes sur mon téléphone à trois heures du matin, un bébé calé au creux du bras. En achetant un stérilisateur hors de prix qui a fini au placard, la honte. En passant à côté du petit truc à trois euros qui m'aurait épargné des semaines de galère. Je les ai faites, les erreurs. Toutes. Autant qu'elles servent à quelqu'un, maintenant.
Ce site, je ne l'ai pas décidé un matin en me disant « tiens, je vais créer un site ». Il est né d'un soir. Un de ces soirs où t'es tellement fatiguée que tu ne sais plus si tu as faim ou envie de pleurer. J'étais noyée depuis des mois sous les avis qui se contredisent, les forums qui t'angoissent à deux heures du matin, les listes de naissance qui te font acheter quarante trucs dont la moitié dorment encore dans un carton. Alors ce soir-là, j'ai écrit un message interminable à une copine enceinte pour lui dire, pour de vrai, quoi acheter et quoi laisser tomber. Sans filtre. Avec mes plantages à moi. Elle m'a répondu : « Élise, ça, il faut que tout le monde puisse le lire. » Tout est parti de là.
Alors ici, je ne te parle pas d'en haut. Je te parle comme à une copine qui aurait deux ans d'avance, à peine. Je te tutoie, forcément. Et quand un produit ne vaut pas son prix, je te le dis, même si tout le monde le porte aux nues. Je te montre aussi le bazar, les choix que je regrette, les fois où j'ai changé d'avis. Parce que la maman parfaite, maison rangée et bébé qui fait ses nuits, je ne l'ai jamais rencontrée. Et à force, je crois qu'elle n'existe pas.
Ce que je crois, après deux enfants et pas mal de bêtises : que cher ne veut pas dire mieux, loin de là. Que le meilleur truc, ce n'est pas celui du haut du classement, c'est celui qui rentre dans ton coffre, dans ton budget, dans ta vie à toi. Et qu'il n'y a pas une seule bonne façon de faire, quoi qu'on te serine. La seule chose sur laquelle je ne lâche rien, jamais, c'est la sécurité. Là, pas de débat.
Pour tout ce qui touche à la santé, à la vraie, file voir ton médecin ou ta PMI. Je ne jouerai jamais à ça. Mais pour le reste, le doute, l'épuisement, les larmes devant un rayon entier de biberons quand tu ne sais plus lequel prendre, je suis là. J'ai fait le chemin juste avant toi. Viens, je te raconte.
